Et si on vieillissait ensemble...

Publié le 12 Novembre 2013

Et si on vieillissait ensemble...

A partir de 2010, la concomitance de l'arrivée des « baby-boomers » à l'âge de 65 ans et du départ massif en retraite de médecins fait craindre le pire (!!!) et personne ne sait très bien comment la société répondra à ce défi et assumera tant l’environnement social et sanitaire que les dépenses liées à ce vieillissement inéluctable.

Le projet « Maison des Babayagas » pose donc modestement, mais à un moment qui semble opportun, sa propre réponse aux enjeux posés en faisant le pari politique et citoyen que les personnes peuvent elles-mêmes - individuellement et collectivement - prendre en charge leur vie, solidairement, dans un espace qui reste totalement ouvert sur la ville et la société.

Ce regard différent posé sur la vie permet de considérer autrement la question des conséquences du vieillissement de la population sur les dépenses de santé, mais aussi d’accompagnement technique et social qui n'ont rien de théorique ni d'anodin sur un plan anthropologique.

Alors que la société est généralement appelée à répondre de manière médicale à une demande individuelle lourde et coûteuse parce qu’exprimée ou révélée trop tardivement, l’environnement collectif « Maison des Babayagas » - avec son quotidien qui permet de restituer des solidarités naturelles de voisinage – opère en anticipation, en prévention et en accompagnement, en faisant le pari de la construction d’un environnement social collectif qui respecte la personne vieillissante, en considérant en premier lieu ses capacités d’intervention et d’autonomie et non ses fragilités et dépendances.

Le projet « Maison des Babayagas » est un pari sur l’évolution de la manière de prendre en charge et de la façon de soigner. C’est considérer les personnes, et non les patients potentiels, et ce serait une manière de faire un pied de nez aux économistes qui veulent évaluer à 0,9 point de PIB en 2020 l'impact du vieillissement, sans compter les maladies de longue durée ni les coûts liés à la dépendance qui, de l'avis général, vont exploser …

Il s’agit en effet de changer ce regard économiciste sur le coût trop lourd de la vie qui continue au delà du temps qui a été consacré au travail … et/ou à l’éducation des enfants et aux tâches domestiques, puisqu’il s’agit avant tout (compte tenu du déséquilibre démographique hommes/femmes) d’un regard posé sur les femmes vieillissantes, regard trop souvent lourd et pesant.

Babayagas, mode d’emploi

Tirant les leçons de notre longue marche, nous suggérons les étapes du chemin à parcourir pour avancer vers la Maison accueillant « des vieilles » et « des vieux » solidaires et citoyens, enfin « des vieilles » et « des vieux » qui ne s’en laissent pas compter / conter.

La Maison des Babayagas sera :

Autogérée : nous gérerons notre maison nous-mêmes, n'acceptant d'aide extérieure que le moins possible et pour pallier nos forces déclinantes, l’attention soutenue aux soins du corps - gymnastique, thérapies, massages - tout à la fois plaisir et exigence, y aidant grandement.

Solidaire : tout en respectant et préservant l’intimité de chacune, nous organiserons une mutualisation de nos moyens, nous aidant à bien vieillir ensemble et à aborder la mort dans la sérénité.

Citoyenne, : nous serons ouvertes sur la cité, actives autour de nous autant que nous le pourrons, organisant des échanges réciproques, articulant ainsi : Vie Politique, Vie Sociale et Vie Culturelle.

Ecologique: la Maison des Babayagas sera construite avec un impératif d’économie d’énergie et de respect de l’environnement. Dans son fonctionnement, nous veillerons particulièrement à une gestion rigoureuse de l’eau, des énergies, des déchets.

Alors viellir ne sera plus seulement associé à la maladie mais a de jolies expériences à partager.

Rédigé par Martine Rabasa

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
P
apres la disparition des hommes chronologie de la vie oblige. les vieilles qui ne s'en laissent pas compter pourront vieillir ensemble dans la maison de babayagas. joli projet que de vieillir en toute independance avec l'aide minimum de l'exterieure et non pas a la charge de ces proches . meme si le symbole (sans doute humoristique)de la maison d'une sorciere sur des pattes de poulet, il lui arrivait de manger des enfants. je vous souhaite une bonne journee, defaut de ne pouvoir vieillir dans la maison de babayagas.
Répondre
R
Merci pour votre commenetaire. Espérons une prise de conscience de la société envers nos aînés afin de leur laisser leur liberté et dignité.<br /> Quant à la maison, c' est celle d'un personnage présent dans de nombreux contes russes ou polonais. Mi sorcière, mi-sage, elle s'appelle Baba Yaga...