Le jardin des partages
Publié le 2 Décembre 2012
Dans quelques jours je dirai au revoir à mes stagiaires Aides Médico-Psychologiques qui terminent leur formation après une année passée à partager, se questionner, produire des écrits, être évaluées, douter, prendre confiance en elles, grandir.
Ces fins de formations sont aussi remplies d’émotion pour moi.
Qu’en est-il de cette fameuse « juste distance » que je prône dans mon cours sur « la distance professionnelle »?
Elle est bien là mais les années m’ont appris à ne plus me priver de mes émotions, à les vivre au moment venu. Accompagner l’autre dans un cheminement nécessite d’instaurer une relation de confiance réciproque et de proximité.
Accompagnée par les écrits de Carl Rogers, j’ai appris à me construire une posture professionnelle me permettant une complicité avec les personnes que j’accompagne tout en gardant ma place et en leur laissant la leur.
N’est ce pas cela la congruence? Cette part authentique que nous devons garder dans nos relations sans avoir peur de nous dévoiler parfois.
N’est-ce pas cela le non jugement? Accompagner l’autre comme il est sans porter un regard subjectif qui l’enfermerait.
N’est-ce pas cela l’empathie? Comprendre ce que cette formation peut transformer en eux, comprendre leur doutes, leurs difficultés, leurs joies comme si j’étais à leur place « sans oublier le comme si ».
N’est-ce pas cela l’écoute? Se taire et écouter ce que l’autre veut nous dire, dépasser nos représentations, nos peurs, nos a priori.
La relation à l’autre ne se résume pas en quelques lignes, en quelques écrits. Elle se vit au quotidien, elle se construit avec le temps. Le partage de nos expériences nous a permis de nous enrichir réciproquement.
J’espère leur avoir transmis, au-delà de connaissances théoriques qu’elles trouveront ailleurs, un peu plus de confiance en elle, un peu plus de confiance en l’autre, et un peu plus de confiance en la vie dans un travail qui les confrontera souvent à la souffrance.
J’espère leur avoir transmis l’envie de trouver du sens dans leur accompagnement, bien au-delà des savoirs.
« Espérer » et non « Attendre », telle est aussi une des devises que je me suis fixées. Mon métier consiste alors à semer des graines, faciliter la germination, les regarder pousser en les arrosant d’un regard bienveillant.
J’ai senti également dans leurs regards cette qualité d’écoute, d’empathie, de non jugement, de bienveillance envers moi. Il me semble qu’accompagner l’autre nécessite aussi de se laisser accompagner par l’autre qui, riche de son expérience, nous permet aussi de pousser pour devenir une fleur dans ce jardin.
Pour celles d’entre elles qui lieront ce message, je vous souhaite un chemin parsemé de belles rencontres.